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Mon Défi : Changer la mentalité du ski en France, il n’y a pas que les écoles de ski pour apprendre à skier !

Je vais tout d’abord me présenter : je suis Jérémy Nadalutti, j’ai 28 ans, je suis moniteur de ski depuis 10 ans, je suis aussi entraîneur, coach sportif et mental.

 

Passionné dès l’enfance

J’ai eu très tôt comme ambition de devenir un jour moniteur de ski, je l’affirmais haut et fort à mes parents à l’âge de 7 ans, alors que nous avions la possibilité à ce moment-là de skier une seule semaine par an. La passion du ski s’est instantanément révélée chez moi lors de ma « première fois » à 5 ans, elle a constamment grandi ensuite jusqu’à un moment déterminant pour moi, mon déménagement à Font-romeu (station de ski pyrénéenne) à l’aube de mes 14 ans.

 

Mon parcours de compétiteur

J’ai pu intégrer un club de ski et je me suis alors confronté à une implacable logique, j’étais très loin du niveau de mes nouveaux camarades montagnards qui avaient la chance de skier des saisons complètes depuis l’âge de 5 ou 6 ans. Eux avaient la voie tracée pour devenir moniteur de ski, pour ma part les choses étaient différentes, il allait falloir que je « cravache » si je voulais réussir ! Quelques saisons plus tard, à 19 ans, après beaucoup d’entrainements et de moments difficiles (mauvais résultats, doutes, remises en questions…), je suis devenu l’un des meilleurs skieurs de mon club et j’ai été classé parmi les 5 meilleurs slalomeurs pyrénéens de ma catégorie !

 

Jérémy Nadalutti
En pleine action lors d’un Slalom Géant en Andorre.

DES QUESTIONS SANS RÉPONSE

Malgré cela je me confrontais à des blocages techniques qui freinaient complètement ma progression, alors que je mettais toutes les chances de mon côté. Ces blocages je ne comprenais pas d’où ils venaient, j’étais devenu un skieur qui skiait vite et bien mais pas lorsque la piste devenait raide, de plus j’étais mal à l’aise en hors-piste. J’avais le syndrome du skieur « en arrière » ! Tout ce que mes entraîneurs trouvaient alors à me dire était « tu es à cul, relèves-toi ! ». J’avais beau me relever entre les virages, il fallait bien que comme n’importe quel bon skieur je fléchisse mes jambes et rapproche mon centre de gravité près du sol pour effectuer le virage suivant, je me retrouvais alors à nouveau en arrière sans amélioration, bref, à cul ! Je ne trouvais pas de solution et personne n’en avait pour moi, j’étais pourtant entouré de moniteurs et entraîneurs tous très bons skieurs.

 

DEVENIR MONITEUR DE SKI 

Dès lors que je suis devenu moi-même moniteur de ski à l’âge de 17 ans, l’image que je me faisais de ce métier s’est rapidement effacée. Rester des heures cloîtré au jardin d’enfant ou sur les mini pistes pour débutants, ainsi que l’absence ou presque de client vraiment passionné par le ski, faisaient que je ne prenais pas de plaisir alors que j’étais dans l’un de mes endroits préféré au monde, sur les pistes de ski ! Je me suis rendu compte que le principe consistait simplement à donner aux clients quelques outils issues du mémento (la bible du moniteur de ski qu’on nous fait apprendre lors de notre formation) tout en démontrant les virages associés. Le moniteur demande alors à son ou ses clients de le suivre tout en essayant de l’imiter, il fait passer un « examen » sur un tronçon de piste et donne à la fin du cours la fameuse médaille. La finalité était que je travaillais pendant les vacances scolaires seulement afin de payer ma formation de moniteur de ski (qui s’étale sur plusieurs années) et en parallèle mes études. 

 

Devenir entraîneur de ski

Entraîner des enfants : 

Lorsque j’ai décidé d’arrêter d’être compétiteur, découragé par ma stagnation, j’ai eu l’occasion de devenir entraîneur au sein du ski club qui m’a formé, à 21 ans. Cela faisait quelques années déjà que je sentais en moi l’envie de transmettre mes connaissances, en effet il était naturel pour moi d’observer et d’analyser techniquement mes camarades en les regardant s’entraîner. J’ai d’abord entraîné un groupe de « poussins » (catégorie des 9 – 10 ans), cela a été une bonne expérience, elle m’a permis d’apprendre comment gérer un groupe et comment planifier les différentes séances d’entraînements au cours des stages et de la saison. Cependant, il restait en moi une part d’insatisfaction, entraîner des enfants de cet âge impliquait de laisser un peu de côté le langage trop technique, par risque de perdre leur attention, pour mettre en avant le côté répétition et instinctif qui convient mieux aux enfants. Je ne pouvais donc pas m’exprimer en tant que technicien autant que je le souhaitais.

 

Jérémy Nadalutti

Entraîner des adultes : 

La deuxième année, le club a créé une section pour ceux qui souhaitaient devenir moniteur de ski et a décidé de m’y nommer au poste d’entraîneur. Avoir en face de moi un public adulte, motivé et passionné par le ski, m’a permis de laisser exprimer pleinement ma passion et mon envie d’aider les autres à s’améliorer. C’était ça que je voulais faire !

 

Une rencontre incroyable

Parmi les skieurs qui composaient ce groupe pour futurs moniteurs de ski se trouvait Morgan, skieur au parcours atypique et munie d’une passion débordante. Notre passion commune à chercher tous les moyens possibles et envisageables, avec le même objectif, la PROGRESSION, nous a rapidement poussé à travailler ensemble.

 

UNE NOUVELLE APPROCHE DU SKI

Nous avons alors commencé en 2013 à travailler pour chercher les causes des blocages récurrents que rencontraient beaucoup de skieurs, dont lui et moi. Nous nous sommes alors rendu compte à quel point les caractéristiques des différentes chaussures de ski, engendraient des conséquences différentes et parfois opposées sur les possibilités biomécaniques du skieur une fois en piste. Nous avons alors décidé de tester tout ce qui nous passait par la tête, afin de valider ou pas, les différentes hypothèses qui nous venaient à l’esprit. Nous nous sommes appuyés sur la VIDÉO, outil indispensable et indissociable de notre approche. À chaque fois que nous testions un nouvel élément, nous nous filmions à tour de rôle afin de pouvoir comparer nos vidéos, avec et sans, le nouvel élément testé. Nous avons procédé exactement de la même manière pour valider les différents points techniques, en nous appuyant sur les vidéos des meilleurs skieurs du monde, ce qui nous a poussés à remettre en question les consignes de base que nous entendions de la part des différents entraineurs et moniteurs.

 

Jérémy Nadalutti
Prise de vue depuis une caméra posée au ras du sol

En marge des moniteurs de ski

Rappelez-vous, lorsque que la seule consigne venant de la part des moniteurs à mon problème de position était : « relèves-toi ! ». AUCUN n’a pris le temps de se poser la question : « son matériel est-il adapté ? » et plus précisément : « ses chaussures lui permettent-elles d’atteindre sa position optimale ? ». POURQUOI ? Parce qu’aujourd’hui en France les moniteurs ne jurent que par LA TECHNIQUE, selon eux c’est l’acquisition de la bonne technique qui vous permettra d’avoir la position adéquate. Pourquoi ? Tout simplement parce que la formation des moniteurs français est accès uniquement sur la technique et la pédagogie, il n’est jamais question de faire le lien entre l’anatomie et le matériel des clients.

Je pense différemment, pour moi la priorité est de repérer les blocages et problèmes que rencontre le skieur, lui proposer une solution pour les contrecarrer, puis SEULEMENT alors commencer le travail technique. Ceci permettra un GAIN DE TEMPS énorme ! En effet, vous débattre comme un forcené à essayer de corriger un défaut technique sans en avoir réellement la possibilité mécanique, ne sera que de l’énergie perdue.

 

Réaliser ses rêves

Devant nos découvertes techniques et matérielles, j’ai ENFIN pu reprendre ma progression là où je l’avais laissée quelques années plus tôt !! Je me rapproche chaque jour du skieur que je souhaite devenir, il n’y a pas de sensation plus agréable que celle-ci, PROGRESSER, encore et encore, se laisser aspirer par le désir de toujours faire mieux, devenir meilleur.

 

LA COMMUNAUTÉ ANGLOPHONE COMME EXEMPLE

Si vous avez déjà cherché à regarder des vidéos de ski sur Youtube, vous avez sûrement remarqué qu’il existe très peu de contenus intéressant en français. Youtube vous propose alors très rapidement une tonne d’autres vidéos, mais elles ont la particularité d’être en anglais la plupart du temps ! Vous pouvez y trouver alors des vidéos de carving, poudreuse, instructeurs qui expliquent comment réaliser un mouvement etc… Pourquoi il n’existe pas la même chose dans notre langue ?

 

OUVRIR LE MONDE DU SKI FRANCAIS À CETTE NOUVELLE APPROCHE

Je trouve anormal qu’à l’heure actuelle en France, le seul moyen d’apprendre et de se perfectionner en ski soit d’aller prendre des cours dans une école de ski, ou bien de maîtriser l’anglais pour pouvoir comprendre tout ce que nos amis anglophones nous proposent de différent et très intéressant !

C’est pour cela qu’aujourd’hui, j’ai créé ce blog afin de permettre à tous les skieurs passionnés et désireux de progresser, d’avoir accès à ces outils et recherches qui m’ont permis de devenir le skieur que je suis aujourd’hui et, de devenir celui que je serai demain 😉

Je remercie Morgan du blog Labo du skieur, pour m’avoir inspiré et donné l’envie de créer mon propre blog afin de me lancer dans cette aventure ! 🙂

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2 réflexions au sujet de « Mon Défi : Changer la mentalité du ski en France, il n’y a pas que les écoles de ski pour apprendre à skier ! »

  1. Hello mon ami, je ne peux que te dire bravo pour ton défi et le début (ou la suite) d’une belle aventure. Tes ambitions sont à la hauteur de ta personnalité et pour tout ceux qui liront ce commentaire, je vous encourage à croire en vous et écouter ce qu’a à dire Jérémy… Et merci pour tes bons mots 😉 Morgan

  2. Cette approche basée sur le vécu est tout à fait novatrice. Bravo pour votre pédagogie. Je skie depuis l’enfance, et j’ai remis en cause ma technique plusieurs fois au grès des évolutions du matériel. Grace à vos videos, j’ai pu trouver quelques clés qui vont me permettre de corriger certains défauts sur pente raide et je vous en remercie. Nous aurons sûrement l’occasion de nous rencontrer prochainement à Isola, j’y suis l’heureuse propriétaire d’une résidence depuis longtemps et mes parents avant moi. Encore merci et peut-être à un de ces jours dans l’un de vos stages.

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